Non-violence à l’ école, les enseignants de 19 écoles s’engagent!

RACINES lutte pour la non-violence en milieu scolaire.

Les violences en milieu scolaire comprennent les violences sexuelles, les violences physiques (dont les châtiments corporels-Paires de gifles, tirages de cheveux ou d’oreilles, coups de fouets de ceinture de bois ou de chaussures, pincements, coups de pied, projection de l’enfant, griffe, morsure, mise en position inconfortable, brûlure etc ) et les violences psychologiques (injures, intimidations, châtiments tendant à rabaisser, humilier, dénigrer, prendre pour bouc émissaire ou ridiculiser l’enfant, menaces…). Les châtiments corporels et les violences psychologiques sont les principaux faits de violence à l’école au Bénin. Ils sont comme le rappelle le rapport provisoire sur l’abandon scolaire  (MEMP 2016) cause d’absentéisme et de mauvais résultats scolaires. Très peu d’enseignants cependant maîtrisent et adoptent les pratiques non violentes de maintien de la discipline dans les classes. Ils ne connaissent pas la règlementation en vigueur et n’ont pas conscience de violer des dispositions légales.

De précédentes campagnes menées dans le cadre de l’arrêt du châtiment corporel à l’école ont ouvert un débat sur l’efficacité de cette démarche. La baisse drastique du niveau des apprenants est l’argument premier des « enseignants et parents fouetteurs ». les uns pensent que la chicotte et autres sévisses ont été déterminants dans leur réussite, les autres évoquent les textes religieux pour corroborer leur argumentaire. Il est pourtant bien prouvé par  diverses études que ces violences ne favorisent pas la survie des enfants à l’école. Par ailleurs ces méthodes n’ont qu’un effet immédiat en termes de maintien de la discipline et ne font que programmer les enfants à reproduire à leur tour cette violence.

Ce débat s’est achevé au plan national par le vote de la loi °2015-08 portant code de L’Enfant en République du Bénin le 23 janvier 2015. Dans la section III relative à la discipline dudit Code, l’article 119 confirme l’interdiction de châtiments. « Toutes les formes de châtiments corporels sont interdites à l’école, dans les centres d’apprentissage professionnel et dans les structures d’accueil». Les châtiments corporels étant un fait culturel, un changement passe par la formation des enseignants qui doivent connaitre des méthodes non violentes de maintien de la discipline et d’apprentissage. Une communication soutenue doit être tenue à leur endroit afin d’obtenir des changements positifs.

Formation Proprement dite!

Les 9 et 10 mars 2017, RACINES s’est employé à cela en tenant une session de formation des enseignants de ses écoles partenaires sur la non-violence à l’école. Cette formation destinée à 117 enseignants des arrondissements de Doumè (commune de Savalou) et de Gouka (commune de Bantè) a permis d’échanger avec ces derniers sur leurs pratiques. ils ont été entretenus sur les causes profondes et inconscientes de l’usage systématique du châtiment corporel. Ils ont été informés sur la règlementation existant en la matière de 1962 à ce jour. Des débats houleux ont permis aux participants de confronter leurs arguments. Pour finir, des méthodes alternatives de maintien de la discipline ont été proposées et explorées.

Au terme de cette session 68% des enseignants ont pris l’engagement ferme de cesser les châtiments corporels et d’expérimenter uniquement les méthodes vues. 30% ont pris l’engagement de réduire considérablement les châtiments. cependant 2% sont restés contre l’arrêt du châtiment corporel à l’école. Les enseignants ont été très satisfaits de la formation comme le montre cette vidéo et ont demandé à avoir une formation approfondie en psychologie de l’enfance. Ils ont aussi souhaité  que cette formation soit élargie à leurs autres collègues des deux circonscriptions scolaires de Savalou et Bantè.