Prise en charge de la stigmatisation

Article : Prise en charge psychologique de la stigmatisation/discrimination des personnes vulnérables : Travail connexe avec la prise en charge juridique

La lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes vulnérables, reste un défi majeur dans un contexte où l’accès à l’information en matière de santé reste encore faible. Ainsi, la prise en charge juridique de la stigmatisation est mise en place dans nos structures pour la protection des droits de ces personnes.

Mais, cette prise en charge ne tient pas compte du vécu de nos patients qui développent des troubles psychologiques à cause de la stigmatisation dont ils sont victimes. Ils ne sont pas pris en compte par les acteurs de protection, faute de connaissance dans le domaine.

Pour ceux qui souffrent des maladie chroniques, ces troubles psychologiques pourraient modifier leur comportement en rapport avec leur adhésion au traitement. Ceci transparait également dans leurs habitudes et pratiques quotidiennes. Ces troubles psychologiques issus de la stigmatisation, ont donc été identifiés et pris en charge par le psychologue en vue d’améliorer ou de compléter celle faite sur le plan juridique.

Dans la commune de Savalou, le taux de stigmatisation est d’environ 70% selon une enquête légère menée et il n’existe aucune prise en charge juridique. RACINES a dû solliciter l’appui d’un assistant juriste non résident, recruté par Plan International Bénin, qui les sensibilisait sur leurs droits et devoirs.

Ainsi, des actions menées pour les mettre dans leur droit, ont permis de réduire le fait de la stigmatisation. Mais, on observait toujours des répercussions psychologiques chez les personnes victimes. Ces répercussions peuvent être sous forme de :

  • Dépression liée à l’exclusion sociale et/ou familiale car les familles ne seraient pas informées de l’attitude à adopter envers les personnes vulnérables;
  • D’angoisse liée à la honte de leur statut, avec une baisse de l’estime de soi par le regard de l’entourage et du fait de la stigmatisation;
  • Culpabilisation qui se note par la tristesse, des pleurs ou la nervosité et bien d’autres qui sont sources de modification des habitudes au quotidien
  • Mauvaise adaptation à leur situation marquée par la perte de goût à la vie, à l’auto-exclusion et l’abandon du traitement pour ceux qui sont malades;

Par ailleurs, la prise en charge psychologique associée à celle juridique, a permis à la moitié des personnes stigmatisées et reçues par le psychologue, d’acquérir une stabilité psychologique et d’être acceptées en famille. Ils ont pu intégrer la société et leur entourage sans en avoir honte, en affrontant au mieux le regard des autres.

Les personnes stigmatisées à cause de leur vulnérabilité, le vivent difficilement. Ils deviennent encore plus vulnérables au point de développer des comportements inadaptés ou d’abandon de traitement, source d’accroissement de certaines affections.

Les acteurs de prise en charge ayant le devoir de les soulager et les aider à surmonter leur peine, font beaucoup d’efforts dans la prise en charge psychologique, ce qui leur a permis de regagner confiance en eux, en surpassant leur traumatisme et faciliter le travail du juriste chargé de leur suivi.

Cette prise en charge psychologique, doit donc être prise en compte dans nos pays et dans les livres de prise en charge, car la lutte contre la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes ces personnes, ne doit pas se résumer à l’accès à la justice.

Non à la discrimination

Non à la discrimination